La prononciation de the
/ðə/ ou /ði/ ?
La règle est enseignée partout : /ðə/ devant une consonne, /ði/ devant une voyelle. Elle est commode et elle n'est pas fausse, mais elle occupe une place sans rapport avec son importance réelle. Pendant qu'on hésite sur la voyelle, la vraie difficulté du mot passe inaperçue.
The est un mot grammatical
Une phrase anglaise se partage en deux catégories. Les mots lexicaux — noms, verbes, adjectifs, adverbes — portent l'information et sont prononcés nettement. Les mots grammaticaux — articles, prépositions, conjonctions, pronoms, auxiliaires — assurent la construction de la phrase et s'effacent.
The appartient à la seconde catégorie. Il n'apparaît donc pas sous la forme que donne le dictionnaire pour le mot isolé, mais sous une forme réduite, brève et sans accent. C'est déjà une indication : un mot que l'on efface n'est pas un mot sur lequel il faut passer du temps à choisir entre deux voyelles.
La règle « voyelle après » tient moins qu'on ne le dit
On apprend que the devient /ði/ devant un mot commençant par une voyelle. Dans les faits, /ðə/ passe parfaitement dans cette position. Le message est transmis, et l'écart ne se remarque pas.
La raison tient à la nature de l'article : il ne porte aucune information. Sa présence ou son absence ne change pas le contenu de la phrase, et le choix entre ses deux formes encore moins. Ce n'est pas un point que les anglophones traitent consciemment.
Il y a un second motif, plus concret. L'article s'enchaîne avec les mots qui l'entourent, verbe ou préposition, et se transforme au passage. One of the se réduit à /wʌn ə ðə/, some of the à /sʌm ə ðə/. À l'intérieur de ces groupes, l'article a déjà perdu sa forme d'origine : s'être appliqué à choisir la bonne voyelle n'y change plus rien.
Autrement dit, /ðə/ convient dans l'immense majorité des cas, et il est plus rentable de porter l'attention ailleurs.
Les deux cas où /ði/ s'impose
① Quand on insiste sur le nom. Il s'agit du the qui signifie « celui-là, précisément celui-là ». Il est alors appuyé, ce qui le fait sortir de sa catégorie de mot effacé.
| « I saw the president yesterday. » « THE president ?! » | Ici le second the est accentué et se lit /ði/. |
② Devant quelques mots qui ne se lisent qu'ainsi. La liste est très courte.
| Toujours /ði/ | Toujours /ðə/ |
|---|---|
| the umbrella · the earth | the sun |
La colonne de droite mérite d'être notée : sun commence par une consonne et ne prend jamais /ði/, ce qui est cohérent, mais montre surtout que ces mots fonctionnent comme des cas isolés plutôt que comme l'application d'une règle générale.
Le vrai point difficile : le son ð
Le français ne possède pas le son ð. Placé devant lui, l'appareil articulatoire va spontanément chercher le voisin le plus proche, et the ressort en « ze » ou en « de ». C'est cet écart-là qui s'entend, bien avant la question de la voyelle.
La position à prendre est la suivante : la pointe de la langue vient légèrement entre les incisives, puis se retire pendant que le son se produit. Les cordes vocales vibrent, ce qui distingue ð de son voisin sourd θ.
| Symbole | Cordes vocales | Exemples |
|---|---|---|
| ð | vibrent | the /ðə/ · this /ðɪs/ |
| θ | ne vibrent pas | third /θəːrd/ · smiths /smɪθs/ |
Les deux s'écrivent th et se distinguent uniquement par la vibration. Comme pour les autres paires de ce type, la durée sert de repère secondaire : le son sourd est plus bref, le son sonore s'étire un peu.
Ce qu'il faut retenir
Le partage du temps de travail devrait refléter le partage des difficultés. Le choix entre /ðə/ et /ði/ ne se remarque pas ; un ð remplacé par un z se remarque immédiatement. En cas d'hésitation, /ðə/ fait l'affaire, et l'attention est mieux placée sur la position de la langue.